Devenir est une autobiographie de Michelle Obama, première Première dame afro-américaines des États-Unis de 2009 à 2017.
Née en janvier 1964 sous le nom de Michelle Robinson, elle grandit dans une famille modeste du South Side de Chicago. Un père issu de la classe ouvrière et une mère au foyer.
Son enfance n’a rien d’extraordinaire, comme elle aime le préciser. Si ce n’est des parents présents, à l’écoute et déterminés à se battre pour que leurs enfants – elle et son grand frère Craig Robinson – aient les meilleures chances possibles afin de se constituer de solides bases pour se lancer dans la vie.
C’est ainsi que, avec le soutien sans faille de ses parents, Michelle Robinson grandit en devenant une jeune femme ambitieuse. Elle gravit les échelons, qu’elle réussit à mettre à sa portée à la force du poignet, les uns après les autres. Non sans être, parfois, en proie à des doutes.
S’il y a cinq choses que j’ai retenues de Devenir, ce sont les suivantes :
1. Oser prendre sa place
La question « suis-je à la hauteur ? » revient à plusieurs reprises dans le parcours de Michelle, d’abord en tant que Robinson, puis quand elle est devenue une Obama.
Malgré le sentiment de liberté encouragé par ses parents, elle porte en elle l’empreinte de son origine et de son histoire familiale.
L’histoire d’une famille issue d’une minorité qui, selon les époques et les générations, a connu différents types de traitements et de discriminations réservés à la population afro.
Les relents de cette empreinte se font encore sentir, de l’intérieur de sa famille comme de l’extérieur. Ce qui vient instiller un sentiment de partir avec un désavantage de départ.
Mais face à ses doutes, elle rétorque en travaillant avec encore plus d’acharnement. Les résultats qu’elle obtiendra, grâce à sa force de travail et à sa résilience, vont lui permettre de se confirmer – aussi objectivement que possible – que, oui, elle est à la hauteur.
Oui, elle a sa place dans ces milieux que, n’importe quel membre de sa famille, aurait pensé être réservés à d’autres, plus privilégiés et plus aisés.
2. Le droit de faire entendre sa voix
Dès l’enfance, leurs parents ont laissé à Craig et à elle la liberté de s’exprimer. Sur tous les sujets.
Même quand sa manière de s’adresser à un adulte pouvait sonner comme de l’insolence.
Leurs opinions comptaient. Ils pouvaient les exposer, que leurs avis obtiennent ou pas l’adhésion. Ils avaient le droit de réclamer leurs droits, d’exprimer leurs besoins, de formuler des demandes, de clamer leurs convictions ou encore de poser leurs limites.
Cette leçon devient un pilier dans les environnements plus ou moins impressionnants dans lesquels elle va s’insérer :
– dans une classe spéciale dédiés aux élèves à très bon niveau ;
– à l’université de Princeton où elle a fait ses études de sociologie ;
– à l’université de Harvard où elle a fait ses études de droit ;
– dans le grand cabinet d’avocats rempli d’hommes en cravate où elle a travaillé après Harvard et où elle était la tutrice d’un stagiaire mal habillé qui s’appelait Barack Obama ;
– à la maison blanche en tant que membre de la toute première Première famille noire à occuper ce lieu historique.
Dans tous ces contextes, elle a appris à prendre sa place.
Elle réussit à se donner le droit de s’exprimer. À rester fidèle à elle-même, à ses convictions et à ses valeurs, malgré les nombreuses résistances.
3. L’importance de l’entourage
Via Devenir, Michelle Obama veut aussi éveiller la conscience sur une chose. Certains stéréotypes ont la vie dure. Et ils peuvent facilement fragiliser la confiance en soi.
Une conseillère d’orientation lui a gentiment suggéré qu’elle n’avait pas le type de profil pour intégrer Princeton et qu’elle devrait viser moins haut.
Pendant la campagne présidentielle de Barack Obama, puis durant sa présidence, certains médias ont martelé que sa femme n’avait pas l’étoffe d’une Première dame. D’autres ont tenté de réduire son identité à des clichés selon lesquels une femme noire qui s’exprime avec trop de conviction est forcément une personne en colère – sous-entendu potentiellement dangereuse et pas assez digne.
Tout cela a été difficile à entendre pour elle. Cela aurait pu la décourager.
Mais si elle a pu avancer malgré ces obstacles et le sentiment d’échec que cela tentait de faire germer, c’est aussi parce qu’elle a eu la chance d’avoir sur son chemin des personnes qui ont cru en elle, qui l’ont soutenue, guidée et encouragée.
Pour elle, l’entourage est déterminant.
Les gens que l’on côtoie, les messages que l’on reçoit, les mentors qui vont nous épauler et nous pousser à aller plus loin. Mais aussi, le type d’homme que l’on épouse. Tout cela peut contribuer à nous élever ou à nous rendre misérable.
4. Le succès est accessible à tous
L’échec est un sentiment, bien avant d’être une réalité. – Michelle Obama
Aux jeunes qui doutent de leur capacité à cause de leur classe sociale, de leur sexe ou de leur couleur de peau, Michelle Obama veut adresser un message : son mari et elle ont été comme eux. Derrière les statuts, il y a fondamentalement des personnes normales qui ont simplement eu la chance d’avoir les bons soutiens.
Quelque part, ce livre est une démonstration de cette normalité. Un moyen de raconter quel type d’être humain ils étaient, et sont devenus, l’un et l’autre.
Consciente de l’importance de ce bon soutien, elle a lancé elle-même des programmes de mentorat.
Elle a accompagné des jeunes issus de quartiers similaires à leur ancien quartier, avec des moyens aussi minces que ceux qu’avait leur propre famille.
Des jeunes pleins de potentiel, mais convaincus qu’ils ne sont pas à la hauteur. Parce que personne ne mise rien sur eux. Parce qu’ils font face à des conseillers d’orientation, et à d’autres figures d’autorité, qui leur répètent sans cesse qu’ils n’ont pas le bon profil et qu’ils devraient viser moins haut.
Elle sait qu’il y a des milliers de jeunes dans cette situation.
Si ces jeunes lisaient ce livre, et j’espère qu’ils en auront la chance, je pense qu’ils pourraient s’y reconnaître. Peut-être que ce livre pourrait leur insuffler un peu d’assurance. Le sentiment de pouvoir réussir.
Je pense aussi que Devenir pourrait aider les parents à mieux comprendre ces sentiments d’échec, et à accompagner leurs enfants avec plus de soutien et d’encouragements.
5. Être une femme complète
Au fil de son parcours, Michelle Obama a rencontré des femmes qui sont devenues des sources d’inspiration et des mentors.
Grâce à ces femmes, elle a compris qu’il était possible pour une femme de vouloir une carrière professionnelle épanouissante et une vie de famille équilibrée.
Elle a toujours cherché à maintenir l’équilibre entre son rôle de professionnelle, d’épouse et de maman. Elle a tenu à préserver son identité personnelle même lorsque la fonction de son mari, en tant que président des États-Unis, tentait de l’engloutir dans le seul statut de « la femme de ».
C’était d’autant plus important pour elle qu’elle voulait inspirer d’autres jeunes filles à valoriser leur parcours personnel. À ne pas abandonner leur éducation au détriment d’un homme. À ne laisser à personne d’autres le pouvoir de déterminer la case dans laquelle les mettre.
Je voudrais dire aux jeunes filles qui sont à l’école : aussi formidable que soit le garçon que vous aimez, quelles que soient ses qualités, il n’y a pas, à votre âge, de garçon assez intéressant pour mériter que vous sacrifiiez vos études pour lui. – Michelle Obama
Cette bataille personnelle sur son identité de femme résonne comme un enjeu beaucoup plus vaste, touchant les batailles de millions d’autres femmes dans le monde.
