Comme par magie est un livre qui parle de créativité en général, et d’écriture créative en particulier. Deux sujets qui me tiennent profondément à cœur en ce moment.
Chaque chapitre de ce livre est une pépite. Si je devais reprendre toutes les idées qui m’ont marquée, je recopierais le livre entier. Mais bon… ça ne se fait pas trop. Alors je vais essayer d’en résumer l’essentiel.
Ce livre fait partie de mes préférés. Il m’a aidé à renouer avec ma créativité et à apprendre à l’assumer. Et je pense que tout créatif, qu’il se sente légitime ou illégitime dans son parcours créatif, adorerait le lire.
Le message central du livre : « vivre sa créativité sans la craindre », s’articule autour de cinq ingrédients essentiels de la créativité, selon Elizabeth Gilbert.
Le courage, le premier ingrédient essentiel de la créativité
Tout commence par le courage de reconnaitre que l’on a des trésors cachés en nous. Ils ne sont pas les mêmes pour tous, mais Elizabeth Gilbert est convaincue que chacun porte en lui sa propre merveille.
Puis vient le courage de partir à la recherche de nos trésors. Pour cela, il faut oser se laisser guider par la curiosité, même quand on ne sait pas exactement où elle nous mène.
Et enfin, il faut le courage de donner vie à ces trésors. Les assumer et ne pas laisser la peur nous empêcher de les dévoiler au monde. Car, oui, la peur fait partie intégrante du chemin lorsque l’on décide de laisser vivre sa créativité. Mais il est essentiel de distinguer deux types de peur :
– la peur nécessaire, celle qui nous protège face aux dangers réels ;
– et la peur superflue, celle qui surgit face aux incertitudes de l’expression créative. Ce deuxième type de peur sera toujours présent, même si sa protection n’est pas nécessaire.
Au lieu de laisser cette peur superflue nous freiner, ou d’attendre qu’elle disparaisse pour oser commencer, il vaut mieux apprendre à l’accueillir. Lui laisser expressément une place dédiée. Une place où elle peut exister, mais ne peut diriger ni nos décisions ni nos actions.
L’enchantement, le deuxième ingrédient
Quand Elizabeth Gilbert parle d’enchantement, ce n’est pas juste une manière de parler. Elle fait référence à la magie telle qu’on la conçoit : quelque chose qui relève du surnaturel. C’est ainsi qu’elle ressent et expérimente sa créativité.
Car la vérité est que je crois que la créativité est une force d’enchantement — et d’une origine pas entièrement humaine. Elizabeth Gilbert
J’aime la vision de comment elle présente la découverte d’une idée de création. Dans sa vision, les idées sont des entités invisibles qui côtoient notre monde. Leur raison d’être est de trouver la personne qui va les réaliser, les rendre concrètes. Elles vont sillonner le monde pour ça.
Ce ne sont donc pas nous qui trouvons les idées, ce sont les idées qui nous trouvent. Cela met tout le monde au même niveau, car cela veut dire que n’importe qui peut être trouvé par une idée. Certaines personnes sont simplement plus à l’écoute, plus ouvertes à les recevoir.
Quand on est pris dans le train-train du quotidien, on n’est pas toujours assez attentif pour remarquer qu’une idée se présente à nous.
Parfois, l’idée n’arrive pas au bon moment et peut nous échapper complètement, même si l’on n’y est pas fermé. Ça arrive.
Mais lorsque l’on est disponible et qu’on s’accorde le droit de rester attentif, de laisser la porte ouverte à l’enchantement, on finit par saisir le moment où une idée nous traverse. C’est ce qu’on appelle l’inspiration. C’est là que la magie opère.
La permission, le troisième ingrédient
Ce livre nous fait prendre conscience que ce que nous faisons de notre créativité relève entièrement de notre responsabilité.
Il appartient à chacun de s’autoriser à vivre sa créativité. Personne ne viendra nous donner la permission de créer. C’est à nous d’oser revendiquer notre place, d’assumer et de défendre notre identité créative.
Elizabeth Gilbert bouscule les raisons que l’on considère comme valables pour s’autoriser à créer, par son obstination à devenir écrivaine indépendamment des résultats. Que ce qu’elle écrit plaise ou non. Que ses livres rencontrent le succès ou non. Pour elle, l’essentiel est ailleurs : continuer à faire une place à l’écriture dans sa vie.
Elle ne cherche pas l’originalité, mais l’authenticité.
Elle s’efforce de ne pas se laisser définir par les réactions que suscitent ses œuvres : bonnes ou mauvaises, ni par les cases dans lesquelles on tente constamment de nous enfermer. Ce qui compte, c’est le fait de créer.
C’est ainsi qu’elle a pu éviter le gouffre de la peur d’être illégitime, même à ses débuts, lorsque ses écrits restaient encore dans l’ombre.
Elle admet pleinement que l’art n’est ni la chose la plus sérieuse ni la plus importante au monde. Son travail est peut-être même, selon elle, l’un des moins utiles à la société. Vouloir créer pour sauver le monde serait prétentieux – et fatal pour sa créativité.
Son œuvre n’a pas besoin d’être utile ou importante pour les autres. Elle s’autorise à créer dans un but personnel, pour son propre plaisir, simplement parce que c’est important pour elle. Si, par un heureux accident, cela devient utile pour les autres, c’est du bonus. Mais ce n’est pas la raison d’être de l’expression artistique.
La créativité pure est magnifique précisément parce qu’elle est diamètralement opposée à tout ce qui dans la vie est essentiel ou incontournable (nourriture, logement, médecine, loi, ordre social, responsabilité familiale et civile, maladie, chagrin, décès, impôts, etc.). Elle est bien plus qu’une nécessité : c’est un cadeau. C’est la cerise sur le gâteau. Elizabeth Gilbert
La persistance, le quatrième ingrédient
Le quatrième ingrédient pour faire vivre sa créativité est la persistance. Par là, elle entend : prendre un véritable engagement avec notre créativité.
S’engager à continuer de créer quoi qu’il arrive, et de s’y tenir. C’est le mode de fonctionnement qu’elle a choisi d’adopter avec l’écriture depuis le tout début.
– Même si notre œuvre n’est pas parfaite.
Il faut continuer. Parce que chaque fois que l’on crée, on continue d’apprendre. Et quand on pratique quelque chose régulièrement, sur la durée, on s’améliore inévitablement.
– Même si ce n’est pas toujours un long fleuve tranquille.
D’abord, parce que l’inspiration ne sera pas constamment au rendez-vous pour rendre la création fluide. Il faut apprendre à travailler même sans elle.
Et puis, parce que toute activité, aussi passionnante soit-elle, a toujours le lot de difficultés qui vient avec.
La vraie question est de savoir : est-ce qu’on y tient assez pour persévérer ?
Elle met aussi en garde contre le perfectionnisme. Pour elle ce n’est rien d’autre que « la peur qui marche en talons aiguilles ». Le perfectionnisme a l’air glamour mais en réalité « c’est un piège à hamsters où on s’épuisera à tourner jusqu’à la mort. Il empêche les gens d’achever leur travail, et souvent même de le commencer.«
Un roman assez bon écrit violemment tout de suite vaut mieux qu’un roman parfait méticuleusement jamais écrit. Elizabeth Gilbert
Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour faire preuve de persistance.
On peut commencer à tout moment. À n’importe quel âge.
La confiance, le cinquième ingrédient essentiel de la créativité
Elizabeth Gilbert déconstruit « le culte du martyre artistique », cette fascination pour l’image de l’artiste torturé, longtemps présentée comme une étape incontournable du parcours créatif.
À la place, elle nous invite à oser accepter que la créativité puisse être une source de joie. Créer n’a pas besoin d’être douloureux pour être légitime.
Elle nous encourage à faire confiance à notre capacité de créer, même lorsque cela nous procure du plaisir, surtout quand on se sent bien dans notre vie. À nous engager sérieusement envers notre créativité… sans nous prendre trop au sérieux. À ne pas oublier que tout cela reste un jeu : « un grand jeu merveilleux et bizarre ».
Elle nous invite aussi à faire confiance à notre curiosité. À l’écouter avec attention. À suivre ses indices. Car souvent, elle connaît le chemin vers nos trésors cachés.
Parfois, nos tentatives de création ne donneront rien. Et notre ego en prendra un coup. Car, comme elle le dit, l’ego fait lui aussi partie du voyage, tout comme la peur. Mais, tout comme la peur, il faut savoir le reconnaître sans lui laisser le pouvoir de diriger.
Parfois, on se sentira nul. D’autres fois, on aura envie de laisser tomber. Mais ce n’est que l’égo qui fait son travail.
À nous de reprendre les rênes, de nous rediriger vers l’émerveillement. Car peu importe le résultat, le simple fait de créer est déjà une véritable fierté.
Vous l’avez créé, vous avez le droit de le montrer. Ne vous en excusez jamais, ne le justifiez jamais, n’en ayez pas honte. Vous avez fait de votre mieux avec ce que vous saviez et ce que vous aviez dans le temps qui vous était imparti. Elizabeth Gilbert
Comme par magie
Dans mon propre parcours, entre les obligations de la vie d’adulte et les schémas de pensée que j’ai appris à entretenir depuis l’enfance, je me suis éloignée pendant des années de ma part créative.
À force de vouloir être une adulte raisonnable, efficace, utile… j’ai fini par la mettre de côté.
En cherchant à renouer avec elle, à écrire de nouveau, j’avais besoin d’un petit coup de pouce. D’une voix qui m’aide à retrouver le chemin.
Et Comme par magie est arrivé sur ma route au bon moment.
S’il était arrivé plus tôt, je n’aurais sans doute pas été prête à entendre ses messages.
S’il était arrivé plus tard, j’aurais peut-être continué à me tourmenter inutilement.
Parfois, les livres nous trouvent exactement quand nous sommes prêts à les comprendre.
