Matriarche un mémoire écrit par Tina Knowles. Une femme que je ne connaissais que de nom jusqu’à il y a encore quelques mois. Je la connaissais uniquement comme étant la maman de Beyoncé Knowles, et c’est tout !
Pour être honnête, si ce livre m’intriguait, c’est parce que je suis une grande admiratrice de Beyoncé. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les femmes fortes et puissantes. Et Bey a cette force rare qui émane d’elle : discrète, mais explosive à la fois.
J’espérais y dénicher des anecdotes de vie racontant comment elle est devenue cette légende, la Queen B. Comment elle était enfant. Si elle sortait déjà du lot. Quelle vie elle menait. Comment était sa famille. Et peut-être aussi comment elle est aujourd’hui, dans la vie de tous les jours.
Je m’attendais à écouter l’histoire d’une maman racontant l’enfance de ses enfants. Comme le fait ma propre mère avec nous. Parce que les mamans adorent faire ça. Et j’imaginais que lorsque l’on est la maman de Beyoncé, on doit encore plus avoir des choses à dire et avoir envie de le faire à grande échelle. Et même si je n’ai pas été déçue niveau anecdotes, j’étais loin d’imaginer ce que ce livre allait m’apporter.
Bouleversant. C’est le mot qui me vient.
Car j’ai surtout découvert qui est vraiment Tina Knowles. Et elle n’est pas que « la maman de… ». C’est une guerrière qui, depuis cette lecture, est devenue pour moi un exemple de combativité et de détermination.
Une histoire d’héritage et détermination
Tina Knowles parle de son enfance. Comment ses parents l’ont élevée. Avec quels bagages, quel cadre, quelles peurs, quelles limites.
Des parents profondément bons, mais terrifiés, car témoins de trop de tragédies dans leur propre vie. Elle a reçu une éducation fondée sur la prudence, le silence pour ne pas faire de vagues, et le sacrifice nourri par l’espoir d’un avenir un peu plus stable et plus sûr pour elle et ses frères et sœurs.
On aperçoit aussi comment ses parents ont eux-mêmes été élevés par les leurs.
Puis, elle raconte le rôle qu’elle a joué à son tour en tant que mère de ses deux filles, Beyoncé et Solange, ainsi que de sa fille de cœur, Kelly Rowland.
Ce mémoire raconte l’histoire d’une famille ordinaire qui a accompli des choses extraordinaires.
L’histoire d’un héritage psychogénéalogique lourd : d’abord l’esclavage, puis la ségrégation raciale.
C’est un parfait exemple de l’adage : « Souviens-toi d’où tu viens, et tu sauras où tu vas. »
On y voit comment des années de sévices générationnels peuvent devenir une source de combativité.
Des exemples vivants de ce que l’on peut accomplir avec de la détermination et un entourage soutenant.
J’ai l’impression que l’histoire de cette famille représente une réalité alternative à celle de nombreuses familles ordinaires, comme la mienne.
Elle invite à réfléchir à l’impact des valeurs profondes que l’on choisit, mais aussi à l’état d’esprit qui guide nos choix de vie.
Elle soulève des questions sur la parentalité et les modes d’éducation. Sur la force de la présence et de l’implication des parents dans le soutien apporté aux choix de leurs enfants.
On voit la transmission d’une histoire dure, chargée de peurs, mais aussi sa transformation en détermination… et l’aboutissement au succès que l’on connaît aujourd’hui.
Matriarche : une femme, une épouse, une mère
Tina Knowles est la petite dernière de sa famille. Et malgré des parents un peu trop prudents, elle est venue au monde avec un soupçon de rébellion.
Elle est devenue une femme passionnée, une entrepreneuse engagée dans la mise en valeur des femmes noires, à une époque où la ségrégation s’atténue, mais où le racisme reste massivement présent.
Une épouse amoureuse, qui a donné tout ce qu’elle pouvait à une relation aussi passionnelle que déchirante.
Une mère dévouée, prête à se battre pour que ses enfants aient les mêmes chances que les autres. Des enfants rayonnants à la maison, mais timides en société. Toutes deux ont vécu l’isolement et la brimade pendant leurs premières années à l’école. Traitées différemment en raison de la couleur de leur peau, parfois par des enseignants eux-mêmes façonnés par leur propre héritage historique.
Une matriarche, qui a pris sous son aile bien plus d’enfants que les siens.
Des jeunes qui n’ont pas eu la chance d’avoir une famille capable de se battre pour leurs rêves, faute de temps ou de moyens.
Elle n’hésite pas à tendre la main aux jeunes filles, à devenir leur mentor, à leur transmettre ce que la vie lui a appris.
Je suis tentée de dire que ce livre est peut-être un mode d’emploi pour élever des femmes fortes, prêtes à se battre pour leurs rêves et leurs convictions.
Il n’y a pas de magie !
Cette lecture est un rappel : derrière les vies extraordinaires que l’on admire, il y a des personnes ordinaires.
Des humains imparfaits. Qui font des erreurs. Qui ont des peurs, des faiblesses, des doutes. Qui se cherchent parfois.
Ce qui fait leur force et leur réussite, c’est leur courage de se lever pour travailler dur, encore et encore.
Quand ils veulent quelque chose, ils travaillent d’arrache-pied pour l’obtenir.
Ils vont travailler sans relâche pour développer un talent, mais aussi pour être là où les opportunités les appellent. Même s’il faut parcourir des kilomètres et dormir quatre heures par nuit.
Et puis, ce qui fait toute la différence, c’est leur capacité à être présents les uns pour les autres mais aussi de bien s’entourer.
Ils se soutiennent dans tous leurs projets. Ils s’entraident pour ouvrir des portes, au lieu de faire chacun pour soi ou d’attendre que les opportunités viennent frapper à la leur.
Enfin, et peut-être le plus important, ils portent en eux une grande humilité.
Celle qui leur permet de garder les pieds sur terre et la tête sur les épaules.
Celle qui leur rappelle les valeurs essentielles, pour rester fidèles à eux-mêmes et ne pas se perdre dans le tourbillon parfois vertigineux de leur succès.
Se retrouver
Tina Knowles s’est consacrée corps et âme à sa famille toute sa vie. Elle a accompagné chacun à croire en son potentiel, à repousser ses limites. Peut-être même jusqu’à s’oublier elle-même.
Mais elle rappelle aussi qu’il n’y a pas d’âge pour se réinventer.
Même à 70 ans, on peut se redécouvrir. Recommencer. Apprendre à s’écouter. Et se permettre d’exister, non plus à travers les autres, mais pleinement, pour soi.
Se permettre de faire des choses qui nous plaisent, sans qu’elles soient utiles. Juste parce qu’elles nous font du bien.
Se permettre de dire non. De ne pas être disponible tout le temps.
De se dire : je me suis donnée aux autres toute ma vie, maintenant je vais me choisir.
Replacer le curseur entre être présente pour les autres et s’accorder du temps pour soi.
Matriarche est aussi un message de reconnexion.
Un rappel de l’importance de prendre sa place dans sa propre vie.
Juste… se retrouver.
