« Écriture » par Stephen King

Écriture, écrit par Stephen King, raconte les mémoires de son métier d’écrivain.

Reconnaissez-vous un ou plusieurs des titres suivants : Ça, Carrie, Shining, Misery, La ligne verte ? Pour n’en citer que les cinq les plus populaires, car il y a des dizaines d’autres.

Les amateurs de thrillers les connaissent tous bien. Et même ceux qui n’en sont pas amateurs, comme moi, il y a des chances que vous en ayez quand même entendu parler. Et bien, tous ces titres sont de Stephen King.

Donc, quand Stephen King écrit un livre sur son métier, ça éveille ma curiosité. Je ne pouvais pas ne pas le lire. Dans Écriture, il relate sa construction en tant qu’écrivain et tout ce qu’il a appris après des années d’écriture, de ses six ans jusqu’à l’année d’écriture de ce livre, en 1999. Il affiche à son compteur une cinquantaine de livres publiés.

Ce livre se concentre essentiellement sur l’écriture de romans, mais dans la grande majorité, ce qu’il dit est applicable à d’autres genres de livres.

Mon résumé va se construire sur une série de six questions que je me pose en tant qu’amatrice d’écriture, peut-être que vous vous les posez aussi ?

Comment devenir écrivain ?

Bonne nouvelle pour nous, amateurs et amatrices d’écriture : il n’y a pas de parcours unique pour devenir écrivain.

Une personne peut faire le choix de suivre des études poussées pour obtenir un diplôme en littérature. Mais ce n’est pas obligatoire. Une autre va vouloir enchaîner les ateliers d’écriture. Et à côté de ça, une autre encore peut juste commencer à écrire un jour, puis un autre, jusqu’à produire cinquante livres dont la plupart seront des bestsellers. Il y en a qui affûtent leurs plumes depuis l’enfance, d’autres qui ne commenceront à écrire qu’à la retraite.

Dans ce livre, Stephen King raconte comment, lui, en est devenu un.

On dit que « L’imitation précède la création », c’est vrai aussi pour Stephen King. Il a commencé à s’essayer à l’écriture à l’âge de six ans, réécrivant l’une des histoires des bandes dessinées qu’il adorait lire. Poussé par sa mère, il s’est ensuite lancé dans l’écriture de sa première histoire :

Elle me demanda si j’avais inventé cette histoire tout seul, et je fus obligé d’admettre que, pour l’essentiel, je l’avais trouvé dans une de mes bandes dessinées. Elle me parut déçue, ce qui fit s’évaporer une bonne partie de mon plaisir. Finalement, elle me rendit mon cahier. « Écris ta propre histoire, Stevie, me dit-elle. Ces combat Casey ne valent rien. Il est toujours en train de faire cracher ses dents à quelqu’un. Je parie que tu peux faire mieux. Inventes-en une toi-même. »
Je me souviens d’un fabuleux sentiment de possibilité à cette idée, comme si l’on venait de m’introduire dans un vaste bâtiment rempli de portes fermées en m’autorisant à ouvrir n’importe laquelle. Il y avait plus de portes à pousser qu’on ne pouvait en franchir au cours de toute une vie – voilà ce que je me dis, et voilà ce que je pense toujours. – Stephen King

C’était le début de son aventure.

Peu importe notre parcours, ce qui compte pour devenir écrivain, c’est de commencer à écrire.

Comment bien écrire ?

Dans Écriture, on trouve des conseils très concrets sur les outils à avoir absolument dans notre boîte à outils d’écrivain : le vocabulaire, la grammaire et le style. Ainsi que des conseils techniques sur l’écriture des éléments de l’œuvre elle-même. Par exemple :
– Comment écrire une bonne description, pour ne pas en dire trop ou pas assez ?
– Comment écrire un dialogue fluide, intéressant et réaliste ?
– Comment construire un personnage crédible ?
– Que faut-il éviter pour rendre un texte agréable à lire ?
– De quoi faut-il se méfier ?

Stephen King y détaille sa position par rapport à ces éléments, ainsi que ses méthodes pour les développer.

Mais il y a un « commandement suprême » qu’il préconise à tout prix, et c’est celui-ci que j’aimerais souligner ici. Ce commandement constitue deux choses à faire impérativement si l’on veut devenir écrivain : « lire beaucoup et beaucoup écrire ».

La première partie du commandement est de lire beaucoup. Lui-même lit soixante-dix à quatre-vingt-dix livres par an. Parce que, pour lui, c’est en lisant qu’on apprend le plus, et ce, sans même se forcer à apprendre. On ressent les livres qu’on a du mal à reposer versus ceux qui sont douloureux à lire, qui nous soulèvent, par exemple, des incohérences, des maladresses ou des manques. On apprend à distinguer ce qui marche et ce qui ne marche pas.

Lire, que ce soit de bons ou de mauvais livres, viendra toujours renforcer notre plume :

Nous lisons donc, entre autres, pour nous familiariser avec le médiocre et le carrément nul ; de telles expériences nous aident à reconnaître médiocrité et nullité quand elles s’immiscent dans nos propres textes et à changer de cap. Nous lisons aussi pour prendre notre mesure face aux bons et aux grands écrivains, pour juger de tout ce qui peut être fait. Et nous lisons enfin pour nous familiariser avec des styles différents. – Stephen King

De quoi parler ?

J’associe cette question à la deuxième partie du commandement, qui est de beaucoup écrire. Mais, pour écrire quoi ?
Et bien, la réponse est plutôt simple :

(…) de ce qui vous chante. De n’importe quoi – mais à une seule condition, dire la vérité.Stephen King

Par dire la vérité, il entend : parler « de ce qu’on connait ». On a tous un certain panel de connaissances selon nos métiers, notre parcours de vie ou encore nos passions. On peut puiser dans ces connaissances-là.

Et si on veut explorer un monde qui ne nous est pas familier, ou qui est monté de toute pièce ? On peut quand même s’appuyer sur ce qu’on connaît, en l’interprétant de manière plus large. Sans oublier que :

(…) le cœur aussi sait des choses, comme l’imagination. – Stephen King

Concernant le choix du genre : roman, nouvelle, essai, mémoires, poésie, ou autre. Le but est d’identifier celui qui nous parle. Puis, de commencer avec ce qui nous vient naturellement. Il y a des chances que l’on penche vers ce qu’on aime comme lecteur.

Il n’est pas interdit de tester un autre genre que notre genre de prédilection. Ce qu’il faut éviter, c’est de se forcer à écrire dans un genre qui ne nous correspond pas du tout, uniquement parce qu’on pense que c’est plus intéressant qu’un autre. Il n’y a pas de meilleur genre qu’un autre, il y a juste le genre qui nous convient.

Ce qui serait, en revanche, tout à fait critiquable, à mon avis, serait de vous détourner de ce que vous connaissez et qui vous plait (ou que vous aimez, comme j’aimais mes vieilles bandes dessinées et ces nanars d’horreur en noir et blanc) pour vous attaquer à un autre genre dans le seul but d’impressionner vos amis, vos parents ou les collègues de votre cercle littéraire. De même, ce serait une erreur de s’intéresser à un genre ou à une catégorie particulière de la science-fiction dans le seul but de gagner de l’argent. – Stephen King

Beaucoup écrire, ça signifie quoi concrètement ?

La routine de Stephen King est d’écrire dix pages par jour. En nombre de mots, cela fait deux mille mots. Et il écrit tous les jours sans exception, week-ends, jours fériés et le jour de son anniversaire compris.

Pour quelqu’un qui commence, il préconise un objectif de mille mots par jour, en se permettant un jour off par semaine.

Certains écrivains préfèrent se fixer un objectif de temps. Par exemple, écrire deux heures et demie par jour, peu importe le nombre de mots que l’on arrive à écrire pendant ces deux heures et demie.

Le plus important est de se fixer un objectif quotidien et de s’y tenir.

Pendant ce temps d’écriture, il faut s’y mettre sérieusement en gardant notre focus le plus possible.

Il est difficile, même pour l’écrivain le plus naturellement prolixe, d’écrire dans un environnement où il est sans arrêt dérangé ou troublé. – Stephen King

Son conseil est de définir un endroit où l’on sait pouvoir être tranquille, où il y a une porte que l’on peut tenir fermée.

Le volume de la pièce n’a pas besoin d’être bien grand (devrait même être modeste, comme je crois l’avoir déjà dit), mais une chose est indispensable : une porte que vous tiendrez fermée. La porte fermée est le moyen de dire au monde comme à vous-même que vous ne plaisantez pas ; que vous êtes sérieusement décidé à écrire, que vous avez l’intention d’aller jusqu’au bout et de faire tout ce qu’il faudra. » – Stephen King

Comment tenir sur le long terme ?

Parfois, il suffit qu’une seule personne nous ouvre les yeux sur nos possibilités pour qu’on les voie s’étaler devant nous, et que l’on se sente capable de créer quelque chose par nous-mêmes. Pour Stephen King, c’était sa mère, quand il avait six ans.

Parfois, il faut une seule personne pour nous dire que ce qu’on crée est une perte de temps, pour qu’on commence à douter de la valeur de ce que l’on produit. Pour lui, c’était la principale de son collège, quand il était en classe de quatrième, en 1961.
Suite à cette remarque et pendant des années, il a eu honte de ce qu’il écrivait. Jusqu’à l’âge de quarante ans, où il a compris que tout créatif rencontre au moins une fois dans son aventure, l’équivalent de ce que sa principale a été pour lui. On peut considérer que ça fait partie du jeu.

Parfois, il suffit qu’une seule personne croie suffisamment en nous, et nous pousse à continuer, pour nous redonner confiance en nous-mêmes et exceller. Pour lui, c’était sa femme.

Son œuvre, Carrie, qui fut adaptée au petit écran, et accessoirement son premier livre publié, n’aurait jamais vu le jour sans l’intervention de sa femme.

Lorsque je revins de mes cours, la première chose que je vis fut Tabby, ces feuillets à la main. Elle les avait aperçus en vidant ma corbeille à papier, les avait défroissés, secoués pour les débarrasser de la cendre de cigarette et avait pris le temps de les lire. Elle me demanda de continuer. Elle voulait savoir comment l’histoire allait se terminer. (…) Elle se tenait, le menton baissé, et arborait ce sourire archi-craquant qui n’est qu’à elle. « Tu tiens quelque chose, avec cette histoire, me dit-elle. Je le crois vraiment. » – Stephen King

L’entourage a une influence, même involontaire, sur notre construction en tant que créateur, que ce soit en bien ou en mal.

Et si l’on rêve d’être publié ?

Avant d’être publié, Stephen King a collectionné les lettres de refus. C’est le cas de beaucoup d’autres écrivains. Cela fait aussi partie du jeu.

Il faut se rappeler de ne pas s’arrêter aux premiers refus. Et surtout, de garder le focus sur l’essentiel : écrire, encore et encore. Un refus ne veut pas dire que l’on ne sera jamais publié.

(…) il n’y avait plus assez de place sur mon clou pour toutes les lettres de refus que j’avais empalées dessus. Je remplaçai le clou par un autre, plus long, et continuai d’écrire. – Stephen King

La bonne nouvelle, c’est que peu importe à quel âge on commence, quel que soit notre parcours, on peut avoir la chance d’être publié.

Dans ce livre, Stephen King donne des ressources et des conseils pratico-pratiques sur le monde de l’édition, mais il est difficile de les résumer sans recopier le livre. Je ne peux donc pas les partager ici. Il y répond à des questions comme : Comment prendre contact avec les éditeurs ? Faut-il un agent littéraire ? Où trouver de bons agents ?

Mais, s’il y a une chose à retenir, le petit conseil en plus qui fait la différence, c’est de soigner la présentation de son dossier. Donner une image professionnelle. Montrer que l’on est sérieux peut encourager ceux qui sont de l’autre côté à nous prendre au sérieux. Donc, ils seront plus enclins à porter leur attention sur notre travail parmi la pile d’exemplaires qu’ils reçoivent.

Cela signifie prendre le temps de se renseigner sur les maisons d’éditions qui s’intéressent à notre genre : combien de nombre de mots elles demandent, qui sont les contacts, comment présenter notre dossier, etc. Et ainsi, de réunir les meilleures conditions possibles avant d’envoyer notre œuvre.

Partager l'article :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *