« Écriture » est le récit de Stephen King sur son parcours et son métier d’écrivain. Il y relate tout ce qu’il a appris après plus de quarante années d’écriture. Allant de ses six ans, en 1953, jusqu’à l’année de rédaction de ce livre, en 1999.
Il affiche aujourd’hui à son compteur une cinquantaine de livres publiés et détient le record d’adaptations cinématographiques et audiovisuelles pour un auteur vivant. Les titres Ça, Carrie, The Shining, Misery, Les évadés ou encore La ligne verte comptent parmi ses œuvres les plus populaires, même s’ils sont loin d’être les seuls à avoir rencontré le succès. Les amateurs de thrillers et d’horreurs les connaissent tous bien. Et même ceux qui n’en sont pas amateurs, comme moi, il y a des chances que vous en ayez quand même entendu parler.
Donc, quand Stephen King écrit un livre sur son métier, ça éveille ma curiosité. Je ne pouvais pas ne pas le lire.
Ce livre se concentre essentiellement sur l’écriture de romans, mais dans la grande majorité, ce qu’il dit est applicable à d’autres genres de livres.
Mon résumé va se construire sur une série de six questions que je me pose en tant que passionnée d’écriture, peut-être que vous vous les posez aussi ?
Comment devenir écrivain ?
Bonne nouvelle pour nous, amateurs et amatrices d’écriture : il n’y a pas de parcours unique pour devenir écrivain.
Une personne peut faire le choix de suivre des études poussées pour obtenir un diplôme en littérature. Une autre va vouloir enchaîner les ateliers d’écriture. Et à côté de ça, une autre encore peut juste commencer à écrire un jour, puis un autre, jusqu’à produire cinquante livres dont la plupart seront des bestsellers. Il y en a qui affûtent leurs plumes depuis l’enfance, d’autres qui ne commenceront à écrire qu’à la retraite. Chacun son chemin et tous les chemins se valent.
Dans ce livre, Stephen King raconte comment il est devenu l’écrivain qu’on connait aujourd’hui. On dit que « L’imitation précède la création », c’est vrai aussi pour lui. Il a commencé à s’essayer à l’écriture à l’âge de six ans, réécrivant l’une des histoires des bandes dessinées qu’il adorait lire. Poussé par sa mère, il s’est ensuite lancé dans l’écriture de sa première histoire :
Elle me demanda si j’avais inventé cette histoire tout seul, et je fus obligé d’admettre que, pour l’essentiel, je l’avais trouvé dans une de mes bandes dessinées. Elle me parut déçue, ce qui fit s’évaporer une bonne partie de mon plaisir. Finalement, elle me rendit mon cahier. « Écris ta propre histoire, Stevie, me dit-elle. Ces combat Casey ne valent rien. Il est toujours en train de faire cracher ses dents à quelqu’un. Je parie que tu peux faire mieux. Inventes-en une toi-même. »
Je me souviens d’un fabuleux sentiment de possibilité à cette idée, comme si l’on venait de m’introduire dans un vaste bâtiment rempli de portes fermées en m’autorisant à ouvrir n’importe laquelle. Il y avait plus de portes à pousser qu’on ne pouvait en franchir au cours de toute une vie – voilà ce que je me dis, et voilà ce que je pense toujours. – Stephen King
C’était le début de son aventure.
Peu importe notre parcours, ce qui compte pour devenir écrivain, c’est de commencer à écrire. Puis, d’y mettre du cœur et du dévouement.
Comment bien écrire ?
Dans Écriture, on trouve des conseils très concrets sur les outils à avoir absolument dans notre boîte à outils d’écrivain : le vocabulaire, la grammaire et le style.
Stephen King y détaille également sa position par rapport à l’écriture des éléments d’un roman, ainsi que ses méthodes pour les développer.
Par exemple :
- Comment écrire une bonne description, pour ne pas en dire trop ou pas assez ?
- Comment écrire un dialogue fluide, intéressant et réaliste ?
- Comment construire un personnage crédible ?
- Que faut-il éviter pour rendre un texte agréable à lire ?
- De quoi faut-il se méfier ?
Mais, il y a un « commandement suprême » qu’il préconise par-dessus tout, et c’est celui-ci que j’aimerais souligner ici. Ce commandement constitue deux choses à faire impérativement si l’on veut devenir écrivain : « lire beaucoup et beaucoup écrire ».
Lui-même lit 70 à 90 livres par an. Pour lui, c’est en lisant qu’on apprend le plus, et ce, sans même se forcer à apprendre. Entre un livre qu’on a du mal à reposer et celui qui demande un effort colossal pour finir un chapitre, on apprend à ressentir ce qui marche et ce qui ne marche pas.
Lire, que ce soit de bons livres ou de mauvais livres, viendra toujours renforcer notre plume :
Nous lisons donc, entre autres, pour nous familiariser avec le médiocre et le carrément nul ; de telles expériences nous aident à reconnaître médiocrité et nullité quand elles s’immiscent dans nos propres textes et à changer de cap. Nous lisons aussi pour prendre notre mesure face aux bons et aux grands écrivains, pour juger de tout ce qui peut être fait. Et nous lisons enfin pour nous familiariser avec des styles différents. – Stephen King
Quoi écrire ?
Et bien, la réponse est plutôt simple :
(…) de ce qui vous chante. De n’importe quoi – mais à une seule condition, dire la vérité. – Stephen King
Par dire la vérité, il entend : parler « de ce qu’on connait ». On a tous un certain panel de connaissances selon notre parcours de vie, nos passions, ou encore nos métiers. On peut puiser dans ces connaissances-là.
Et si on veut explorer un monde qui ne nous est pas familier, ou qui est monté de toute pièce ? On peut quand même s’appuyer sur ce qu’on connaît, en l’interprétant de manière plus large. Sans oublier que :
(…) le cœur aussi sait des choses, comme l’imagination. – Stephen King
Concernant le choix du genre : roman, nouvelle, essai, mémoires, poésie, ou autre. Stephen King préconise de commencer avec celui qui nous vient naturellement. Il y a des chances que l’on penche vers ce qu’on aime en tant que lecteur. Ce qu’il faut éviter, c’est de se forcer à écrire dans un genre qui ne nous correspond pas du tout, uniquement parce qu’on pense que c’est plus intéressant qu’un autre. Il n’y a pas de meilleur genre qu’un autre, il y a juste le genre qui nous convient.
Ce qui serait, en revanche, tout à fait critiquable, à mon avis, serait de vous détourner de ce que vous connaissez et qui vous plait (ou que vous aimez, comme j’aimais mes vieilles bandes dessinées et ces nanars d’horreur en noir et blanc) pour vous attaquer à un autre genre dans le seul but d’impressionner vos amis, vos parents ou les collègues de votre cercle littéraire. De même, ce serait une erreur de s’intéresser à un genre ou à une catégorie particulière de la science-fiction dans le seul but de gagner de l’argent. – Stephen King
Faut-il avoir une routine d’écriture ?
Stephen King écrit dix pages par jour, l’équivalent deux mille mots. Et il écrit tous les jours sans exception, week-ends, jours fériés et même le jour de son anniversaire.
Pour lui, il est essentiel de se fixer un objectif quotidien et de s’y tenir.
Pour quelqu’un qui commence, il préconise un objectif de mille mots par jour, en se permettant un jour off par semaine.
Certains écrivains préfèrent se fixer un objectif de temps. Par exemple, écrire deux heures et demie par jour, peu importe le nombre de mots que l’on arrive à écrire pendant ces deux heures et demie.
Le plus important, pendant ce temps d’écriture, c’est de s’y mettre sérieusement, de garder son focus le plus possible.
Son conseil est de définir un endroit où l’on sait pouvoir être tranquille, où il y a une porte que l’on peut tenir fermée.
Il est difficile, même pour l’écrivain le plus naturellement prolixe, d’écrire dans un environnement où il est sans arrêt dérangé ou troublé. – Stephen King
Le volume de la pièce n’a pas besoin d’être bien grand (devrait même être modeste, comme je crois l’avoir déjà dit), mais une chose est indispensable : une porte que vous tiendrez fermée. La porte fermée est le moyen de dire au monde comme à vous-même que vous ne plaisantez pas ; que vous êtes sérieusement décidé à écrire, que vous avez l’intention d’aller jusqu’au bout et de faire tout ce qu’il faudra. » – Stephen King
Comment tenir sur le long terme ?
La routine d’écriture ci-dessus constitue un premier élément. Faire de la place délibérément à l’écriture dans son quotidien. Se construire une discipline pour ne dépendre ni de la motivation, ni du contexte externe.
Ensuite, l’entourage a une influence, même involontaire, sur notre vie de créatif.
Parfois, il suffit qu’une seule personne nous ouvre les yeux sur nos possibilités pour qu’on les voie s’étaler devant nous, et que l’on se sente capable de créer. Pour Stephen King, c’était sa mère, quand il avait six ans.
Parfois, il faut une seule personne pour nous dire que ce qu’on crée est une perte de temps, pour qu’on commence à douter de la valeur de ce que l’on produit. Pour lui, c’était la principale de son collège, quand il était en classe de quatrième, en 1961.
Suite à cette remarque et pendant des années, il a eu honte de ce qu’il écrivait. Jusqu’à l’âge de quarante ans, où il comprend que tout créatif rencontre au moins une fois dans son aventure, l’équivalent de ce que sa principale a été pour lui. On peut considérer que ça fait partie du jeu.
Parfois, il suffit qu’une seule personne croie suffisamment en nous, et nous pousse à continuer, pour nous redonner confiance en nous-mêmes et exceller. Pour lui, c’était sa femme.
Son œuvre, Carrie, qui fut adaptée au petit écran, et accessoirement son premier livre publié, n’aurait jamais vu le jour sans l’intervention de sa femme.
Lorsque je revins de mes cours, la première chose que je vis fut Tabby, ces feuillets à la main. Elle les avait aperçus en vidant ma corbeille à papier, les avait défroissés, secoués pour les débarrasser de la cendre de cigarette et avait pris le temps de les lire. Elle me demanda de continuer. Elle voulait savoir comment l’histoire allait se terminer. (…) Elle se tenait, le menton baissé, et arborait ce sourire archi-craquant qui n’est qu’à elle. « Tu tiens quelque chose, avec cette histoire, me dit-elle. Je le crois vraiment. » – Stephen King
L’influence de l’entourage peut nous pousser à continuer, à douter, ou à abandonner.
Et si l’on rêve d’être publié ?
Avant d’être publié, Stephen King a collectionné les lettres de refus. C’est le cas de beaucoup d’autres écrivains. Cela fait aussi partie du jeu.
Si cela arrive, il faut se rappeler de ne pas s’arrêter aux premiers refus. Et surtout, de garder le focus sur l’essentiel : écrire, encore et encore. Un refus ne veut pas dire que l’on ne sera jamais publié.
(…) il n’y avait plus assez de place sur mon clou pour toutes les lettres de refus que j’avais empalées dessus. Je remplaçai le clou par un autre, plus long, et continuai d’écrire. – Stephen King
La bonne nouvelle, c’est que peu importe notre âge, quel que soit notre parcours, on peut avoir la chance d’être publié.
Mais pour que l’effort mis dans l’œuvre ait les meilleures chances de porter ses fruits, Stephen King donne des ressources et des conseils pratico-pratiques sur le monde de l’édition. Il y répond à des questions comme : Comment prendre contact avec les éditeurs ? Faut-il un agent littéraire ? Où trouver de bons agents ?
Et enfin, le petit conseil en plus qui fait la différence, c’est de soigner la présentation de son dossier. Donner une image professionnelle. Montrer que l’on est sérieux peut encourager ceux qui sont de l’autre côté à nous prendre au sérieux. Ils seront plus enclins à porter leur attention sur notre travail, parmi la pile d’exemplaires qu’ils reçoivent.
Cela signifie prendre le temps de se renseigner sur les maisons d’éditions qui s’intéressent à notre genre : combien de nombre de mots elles demandent, qui sont les contacts, comment présenter le dossier, etc. Et ainsi, de réunir les meilleures conditions possibles avant d’envoyer notre œuvre.
